L'Hôtel de Sully
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À propos de l'Hôtel de Sully, l'un des plus remarquables hôtels particuliers du Marais
Où se trouve l'Hôtel de Sully et comment y accéder ?
Quand et pour qui l'Hôtel de Sully a-t-il été construit ?
Que faut-il observer dans la cour d'honneur de l'Hôtel de Sully ?
Que peut-on voir dans le jardin et l'orangerie de l'Hôtel de Sully ?
Que trouve-t-on à l'intérieur de l'Hôtel de Sully et dans l'appartement de la duchesse ?
Qui sont les architectes et les propriétaires de l'Hôtel de Sully ?
Que devient l'Hôtel de Sully aux XIXe et XXe siècles ?
À quoi sert l'Hôtel de Sully aujourd'hui ?
L'Hôtel de Sully fait-il partie de nos circuits de visites guidées du Marais ?
Où se trouve l'Hôtel de Sully et comment y accéder ?
L'Hôtel de Sully se trouve au 62, rue Saint-Antoine, dans le 4e arrondissement de Paris, au cœur du Marais.Accès :
Métro : Saint-Paul (ligne 1) ou Bastille (lignes 1, 5 et 8).
L'une des particularités de l'Hôtel de Sully est qu'il constitue un passage entre la rue Saint-Antoine et la place des Vosges. Depuis la rue Saint-Antoine, on traverse successivement le porche, la cour d'honneur, le corps de logis, la terrasse et le jardin avant de rejoindre la place des Vosges par le pavillon situé au fond du jardin.
La cour et le jardin sont accessibles au public aux horaires d'ouverture du monument.
Les appartements historiques ne sont en revanche pas accessibles en visite libre. Le Centre des monuments nationaux propose ponctuellement des visites de l'intérieur de l'Hôtel de Sully et de l'appartement de la duchesse. Il est conseillé de consulter le site officiel de l'Hôtel de Sully pour connaître les visites actuellement proposées.
Quand et pour qui l'Hôtel de Sully a-t-il été construit ?
L'histoire de l'Hôtel de Sully commence en 1624, sous le règne de Louis XIII, lorsque Mesme Gallet, contrôleur des Finances, acquiert une propriété rue Saint-Antoine.À partir de 1625, il fait construire un somptueux hôtel particulier entre cour et jardin. La conception de l'édifice est attribuée à Jean Androuet du Cerceau.
Le choix de cet emplacement n'est pas anodin. Le Marais est alors l'un des quartiers les plus recherchés de l'aristocratie parisienne et la toute proche place Royale, actuelle place des Vosges, inaugurée quelques années auparavant, a considérablement renforcé son prestige.
Mesme Gallet souhaite une demeure capable de manifester sa réussite sociale. Contrairement aux pavillons de brique et pierre de la place Royale, l'Hôtel de Sully fait largement appel à la pierre de taille, permettant le développement d'un remarquable décor sculpté.
Les difficultés financières de Mesme Gallet, notamment liées à sa passion pour le jeu, l'obligent cependant à se séparer de l'hôtel avant de pouvoir pleinement en profiter. La demeure change de propriétaire et les travaux sont poursuivis sous Roland de Neufbourg.
En 1634, Maximilien de Béthune, premier duc de Sully, ancien ministre d'Henri IV et surintendant des Finances, acquiert l'hôtel. Il a alors plus de 70 ans. Il fait achever son décor et y passe une partie de ses dernières années. Il meurt en 1641.
La demeure conservera désormais son nom : l'Hôtel de Sully.
Que faut-il observer dans la cour d'honneur de l'Hôtel de Sully ?
L'Hôtel de Sully est un très bel exemple d'hôtel particulier parisien entre cour et jardin.
Depuis la rue Saint-Antoine, le visiteur franchit un portail monumental placé entre deux pavillons. La cour d'honneur était autrefois également un espace de service : les remises à voitures hippomobiles se trouvaient sous les arcades de l'aile droite tandis que les cuisines et les communs occupaient une partie de l'aile gauche.
Levez les yeux : les façades constituent l'une des grandes richesses de l'Hôtel de Sully.
Au premier étage des ailes latérales, quatre personnages sculptés symbolisent les quatre éléments.
À gauche :
- l'Air, accompagné d'un caméléon ;
- le Feu, accompagné d'un dragon crachant des flammes.
À droite :
- la Terre, accompagnée d'un lion ;
- l'Eau, représentée avec un vase porté sur l'épaule.
La façade du corps de logis principal est rythmée par cinq travées. La travée centrale, particulièrement richement décorée, correspond au grand escalier.
Deux autres sculptures représentent des saisons :
- l'Automne, sous les traits d'un homme portant des grappes de raisin ;
- l'Hiver, représenté par un vieillard appuyé sur une canne et se réchauffant auprès d'un feu.
Deux sphinges en marbre blanc, installées devant le corps de logis, encadrent aujourd'hui le passage central conduisant vers le jardin.
L'Hôtel de Sully annonce déjà l'évolution de l'architecture française du XVIIe siècle. Sa composition régulière, la symétrie des façades, l'alignement vertical des fenêtres et les frontons alternativement cintrés et triangulaires préfigurent le développement du classicisme français sous Louis XIV.
Que peut-on voir dans le jardin et l'orangerie de l'Hôtel de Sully ?
Après avoir traversé le corps de logis, on découvre la terrasse puis le jardin de l'Hôtel de Sully.
La façade donnant sur le jardin reprend l'ordonnance de celle de la cour. Deux figures féminines complètent le cycle des saisons commencé dans la cour : elles représentent le Printemps et l'Été, accompagnés de fleurs, de végétaux et de cornes d'abondance.
Le jardin, restauré en 2023, se distingue par son calme et sa composition régulière. Ses quatre carrés ont remplacé les anciens parterres de broderies de buis.
Au fond du jardin se trouve l'orangerie. Elle se compose d'un corps central reposant sur cinq arcades et encadré de deux pavillons aux toitures en pointe, ornées d'épis de faîtage en plomb.
Un détail mérite particulièrement l'attention : l'arcade centrale de l'orangerie est surmontée d'un cadran solaire gravé dans la pierre.
Le pavillon situé à droite permet de rejoindre directement la place des Vosges. Cette succession entre rue Saint-Antoine, cour d'honneur, demeure, jardin et place des Vosges constitue l'un des plus beaux passages du Marais.
Que trouve-t-on à l'intérieur de l'Hôtel de Sully et dans l'appartement de la duchesse ?
Les intérieurs de l'Hôtel de Sully conservent plusieurs décors des XVIIe et XVIIIe siècles.
Le grand escalier d'honneur, à noyau central et rampes droites, possède notamment un plafond en stuc à décor sculpté.
La grande salle du premier étage faisait partie des appartements du duc de Sully. Aujourd'hui transformée par une intervention contemporaine de l'artiste Daniel Dezeuze, elle conserve également des portraits liés à l'histoire de la famille de Sully.
L'une des parties les plus intéressantes de l'hôtel est l'appartement de la duchesse.
Il se situe dans l'aile construite vers 1660 à l'ouest du logis, côté jardin, à la demande de Maximilien, deuxième duc de Sully, petit-fils du célèbre ministre d'Henri IV.
Au rez-de-chaussée se trouvait l'appartement du duc, tandis que son épouse, Charlotte Séguier, occupait l'appartement du premier étage. C'est cet ensemble que l'on désigne aujourd'hui sous le nom d'« appartement de la duchesse ».
Il est particulièrement intéressant pour comprendre l'organisation d'un appartement aristocratique parisien au XVIIe siècle. Il conserve une succession traditionnelle de pièces : antichambre, chambre à alcôve, cabinet et oratoire.
Les boiseries et les peintures du XVIIe siècle ont fait l'objet d'une importante restauration en 2009.
Dans l'antichambre, le plafond en voûte surbaissée présente un riche décor peint. La chambre conserve quant à elle un remarquable décor « à l'italienne » avec une coupole ornée de bas-reliefs en trompe-l'œil. Le petit cabinet attenant conserve également un plafond peint, tandis que l'oratoire est orné d'un décor traité en camaïeu doré.
Dans la grande salle basse, aujourd'hui occupée par la librairie, subsiste également un plafond à poutres et solives peintes du XVIIe siècle ainsi que des traces de décors peints dans les embrasures des baies.
Qui sont les architectes et les propriétaires de l'Hôtel de Sully ?
La construction de l'Hôtel de Sully est généralement attribuée à Jean Androuet du Cerceau (vers 1585-1649), membre d'une importante dynastie d'architectes.
Mesme Gallet, contrôleur des Finances sous Louis XIII, est le premier commanditaire de l'hôtel. Les travaux commencent vers 1625 mais ses difficultés financières le contraignent à vendre la propriété.
L'hôtel passe ensuite notamment entre les mains de Roland de Neufbourg, qui poursuit les travaux.
En 1634, Maximilien de Béthune, duc de Sully, ancien ministre et proche collaborateur d'Henri IV, rachète la demeure. C'est à lui que l'hôtel doit le nom qu'il porte encore aujourd'hui.
Son petit-fils, Maximilien, deuxième duc de Sully, poursuit les transformations de la propriété.
Vers 1660, il fait notamment construire une aile supplémentaire à l'ouest du logis, côté jardin. Cette extension est exécutée par l'entrepreneur Siméon Lambert ; l'intervention de François Le Vau est également évoquée dans l'histoire architecturale de cette partie de l'hôtel.
L'extension respecte volontairement le style de l'édifice existant, ce qui explique l'impression d'unité architecturale que l'on perçoit encore aujourd'hui.
La famille de Béthune-Sully conserve l'hôtel jusqu'au XVIIIe siècle, avant qu'il ne passe entre les mains de différents propriétaires.
Que devient l'Hôtel de Sully aux XIXe et XXe siècles ?
Au XIXe siècle, comme beaucoup d'anciens hôtels aristocratiques du Marais, l'Hôtel de Sully connaît une profonde transformation.
Devenu immeuble de rapport, il est divisé et modifié pour accueillir des commerces, des artisans et différents locataires. De nombreuses adjonctions altèrent progressivement la disposition originelle de l'hôtel et de son jardin.
L'Hôtel de Sully est cependant reconnu très tôt pour sa valeur patrimoniale : il est classé monument historique en 1862.
Au XXe siècle commence une longue période de sauvegarde et de restauration.
L'État acquiert l'Hôtel de Sully en 1944, puis l'orangerie en 1952. Cette dernière acquisition permet de réunifier l'ensemble de la propriété.
D'importants travaux sont alors entrepris afin de supprimer certaines transformations accumulées au cours du XIXe siècle et de restituer la cohérence architecturale de cet exceptionnel hôtel particulier.
À quoi sert l'Hôtel de Sully aujourd'hui ?
L'Hôtel de Sully appartient aujourd'hui à l'État.
Depuis 1967, il accueille le siège de l'organisme aujourd'hui appelé Centre des monuments nationaux (CMN).
Le Centre des monuments nationaux a notamment pour missions de conserver, restaurer, ouvrir à la visite et animer les monuments qui lui sont confiés par l'État. Il exerce également une mission d'éditeur public à travers les Éditions du patrimoine.
L'Hôtel de Sully n'est cependant pas uniquement un monument historique : il accueille également des interventions artistiques contemporaines.
En 2000, le Centre des monuments nationaux a ainsi confié à Daniel Dezeuze, artiste associé au mouvement Supports/Surfaces, le réaménagement de plusieurs salles importantes de l'hôtel.
En 2023, l'artiste britannique David Tremlett a réalisé dans l'orangerie une œuvre intitulée « Division », commandée par le Centre des monuments nationaux. Cette intervention contemporaine établit un dialogue entre l'architecture, les matériaux de l'orangerie et le jardin.
L'Hôtel de Sully demeure ainsi à la fois un témoignage majeur de l'architecture parisienne du XVIIe siècle, un lieu de travail du Centre des monuments nationaux et un monument vivant.
L'Hôtel de Sully fait-il partie de nos circuits de visites guidées du Marais ?
Oui. L'Hôtel de Sully constitue l'une des étapes de certaines de nos visites guidées du Marais.
Lorsque les conditions d'accès le permettent, nous traversons ses espaces extérieurs pour découvrir sa cour d'honneur, son remarquable décor sculpté, son jardin et son passage vers la place des Vosges.
Votre guide vous apprend notamment à reconnaître les représentations des quatre éléments et des quatre saisons qui décorent les façades et replace l'hôtel dans l'histoire du Marais aristocratique du XVIIe siècle.
L'Hôtel de Sully permet également de comprendre l'organisation caractéristique d'un hôtel particulier parisien « entre cour et jardin » et l'extraordinaire développement du Marais autour de la place Royale, aujourd'hui place des Vosges.
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Page rédigée par Chloé Depras, entièrement revue et enrichie par Claire Cornic
Crédits photos : Claire Cornic
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